Artiste multidisciplinaire

Planète compost

« Une proposition artistique fondée sur un geste domestique — l’accumulation de matière organique compostable — qui, au fil des années, construit une cosmologie intime de la stratification. »

En cours depuis 2019

PLANÈTE COMPOST 

Pendant plus de trois ans, j’ai photographié un même contenant dans lequel s’accumulaient nos rejets alimentaires. Ce n’était pas un exercice, mais un geste d’assiduité, une manière de rester dans l’action. Sans couvercle, la matière restait visible, offerte à la lumière, et se transformait non pas par disparition, mais par addition. Chaque geste quotidien modifiait la surface : nouvelles couleurs, nouvelles textures, nouveaux volumes. J’observais cette construction organique se faire par strates, comme une écriture lente du vivant, et j’attendais que la forme née de nos gestes devienne celle qui m’appelait. Une seule photographie pour un seul moment, sans retour en arrière.

À force d’attention, cette matière en recomposition constante s’est mise à évoquer une succession de mondes possibles, de planètes imaginaires, de surfaces vivantes. Ce qui relevait du rebut domestique devenait une cosmologie intime. Dans cette répétition patiente, j’ai découvert une manière de faire monde avec ce qui est rejeté, une manière de reconnaître la puissance des formes qui émergent en dehors de toute intention. Le compost n’était plus un reste : il devenait un actant, un partenaire, un fragment du réel qui se révélait à celui qui prenait le temps de regarder.

Ce projet est né d’un désir simple : créer sans attendre, produire sans répondre à une demande extérieure, laisser le réel se construire sous mes yeux. Planète Compost est devenu une pratique de persévérance joyeuse, une forme de résistance par l’action — celle qui se joue dans la répétition, la constance, la présence. Une manière de célébrer ce qui s’accumule, ce qui se transforme, ce qui échappe au contrôle. Dans cette matière vivante, j’ai trouvé une manière d’habiter le monde autrement : en reconnaissant que ce que nous rejetons porte en lui la possibilité d’un autre récit, d’un autre cosmos, d’une autre manière de penser notre place dans le vivant.

PLANET COMPOST

For more than three years, I photographed the same compost container every day. It wasn’t an exercise but a gesture of persistence — a way to stay in action, a quiet form of resistance through discipline. Exposed to light, the matter transformed through accumulation: new colors, textures, volumes. Over time, these organic fragments began to resemble possible worlds, intimate planets, a cosmology born from what we discard. Planet Compost became a way of making world with what is rejected, recognizing the power of forms that emerge without intention, and celebrating life’s ability to regenerate from its own ruins.

PLANETA COMPOST

Durante más de tres años fotografié cada día el mismo recipiente de compost. No era un ejercicio, sino un gesto de constancia — una manera de permanecer en acción, una forma silenciosa de resistencia a través de la perseverancia. Expuesta a la luz, la materia se transformaba por acumulación: nuevos colores, texturas, volúmenes. Con el tiempo, esos fragmentos orgánicos empezaron a parecer mundos posibles, planetas íntimos, una cosmología nacida de lo desechado. Planeta Compost se convirtió en una forma de hacer mundo con lo rechazado, de reconocer la fuerza de las formas que emergen sin intención y de celebrar la vida que se regenera a partir de sus propias ruinas.

PLANET KOMPOST

Über mehr als drei Jahre hinweg fotografierte ich täglich denselben Kompostbehälter. Es war keine Übung, sondern eine Geste der Beständigkeit — eine Art, im Handeln zu bleiben, ein stiller Widerstand durch Ausdauer. Dem Licht ausgesetzt verwandelte sich die Materie durch Ansammlung: neue Farben, Texturen, Volumen. Mit der Zeit begannen diese organischen Fragmente wie mögliche Welten zu wirken, wie intime Planeten, eine Kosmologie aus dem Weggeworfenen. Planet Kompost wurde zu einer Art, mit dem Verworfenem Welt zu machen, die Kraft ungeplanter Formen zu erkennen und das Leben zu feiern, das sich aus seinen eigenen Ruinen erneuert.

PLÁNETA MOLTANNA

Í meira en þrjú ár ljósmyndaði ég sama moltukerið á hverjum degi. Þetta var ekki æfing heldur þrautseigð — leið til að halda mér í aðgerð, hljóðlát mótstaða í gegnum reglufestu. Efnið, opið fyrir ljósi, umbreyttist með uppsöfnun: nýir litir, áferðir, form. Með tímanum fóru þessi lífrænu brot að minna á mögulega heima, náin plánetur, heimsmynd sem fæddist úr því sem við hendum. Pláneta Moltanna varð leið til að skapa heim úr hinu fráhrinda, að viðurkenna kraftinn í formum sem spretta án ásetnings og að fagna lífinu sem endurnýjar sig úr eigin rústum.